Les populations chinoises parisiennes

Pour l'intégration des migrants asiatiques

La communauté Wenzhou de Belleville

La communauté chinoise de France est aujourd’hui la plus importante d’Europe, avec environ 250 000 personnes résidant en Île-de-France.

Les premiers Chinois sont arrivés en France dans le contexte de la Première Guerre Mondiale, enrôlés par le gouvernement français dans le district de Wenzhou par l’intermédiaire d’un bureau de poste où se trouvait une antenne de recrutement franco-anglais. Ainsi, près de 100 000 chinois de Wenzhou ont participé à l’effort de la première guerre mondiale comme « coolies » (travailleurs agricoles). À la fin la guerre, de 3000 à 5000 personnes se sont établies à Paris, et ont commencé à faire venir leurs familles.

Il là s’agit d’une migration régionale et rurale, entre la province du Zhejiang (située au sud de la Chine à 400 kilomètres de Shanghai), plus précisément de la région de Wenzhou, et l’Île-de-France. Certaines bourgades de Wenzhou, telles que Li Ao, Wen Cheng se sont entièrement dépeuplées au profit de l’Île-de-France. Ne résident plus là-bas que les personnes âgées et les enfants !

Ce flux migratoire, lancé en 1914, a réellement pris son essor dans les années 80 jusqu’à atteindre aujourd’hui une population de Wenzhou qui serait de 150 000 personnes.

Ils constituent aujourd’hui le groupe de primo-arrivants le plus important en France avec entre 5 000 et 15 000 nouveaux émigrés chaque année.

 

Ces chinois de Wenzhou résident pour la plupart dans le 3ème arrondissement parisien et dans le quartier de Belleville.

Beaucoup décident, après quelques années passées sur le territoire français, de s’installer en banlieue, principalement en Seine-Saint-Denis (à Aubervilliers, Bobigny, La Courneuve, …) où le prix des loyers est plus abordable.

Attirés par le mythe de l’eldorado français, beaucoup de Wenzhou arrivent en France par des réseaux clandestins alimentés par les passeurs. Le tarif du passage oscille entre 1200 € et 21000 €, en fonction du mode de transport utilisé et du nombre d’intermédiaires concernés. Dans le meilleur des cas, il leur faut au minimum trois/quatre ans de travail forcené pour s’acquitter de leur dette.

 

Il existe donc un décalage énorme entre l’image de la France véhiculée en Chine et la réalité de vie dans l’Hexagone pour des immigrés en situation irrégulière ! Ils savent avant de partir que la vie en France ne sera pas facile mais aucun n’imagine la réalité qui les attend sur place. Une fois arrivés, la déception est grande mais c’est déjà trop tard : il faut rembourser la dette avant de songer à repartir.

Pour les chinois qui vivent en France, les difficultés d’adaptation sont multiples, tant d’un point de vue linguistique que culturel. En effet, même après un long moment passé en France, les Chinois, du fait de leurs situations précaires, n’ont que peu de temps pour apprendre la langue française. Après avoir passé douze heures devant une machine à coudre, il est difficile d’être dans de bonnes dispositions intellectuelles pour apprendre. Écrasés par le poids de la dette, leur priorité va au remboursement. D’autre part, l’immigration étant principalement rurale, les Wenzhou n’ont pas un niveau scolaire très élevé (le plus souvent collège). La langue française se révèle un véritable casse-tête pour eux !

Les familles chinoises qui ont pu être régularisées l’ont souvent été grâce à un enfant né en France.

Les Wenzhou n’ont en général pas rompu avec leur pratique locale de travail dans la confection, la restauration ou la maroquinerie. 

Ce public fait face à des problématiques et des contraintes particulières auxquelles nos associations tentent de répondre.